
Il y'a bien longtemps déjà
, j'étais là dans un lycée professionnel, je vous ai cotoyé, vous les "filles..." , décalées, parquées comme des bêtes, trop pauvres pour avoir l'intelligence du bourgeois, vos lectures se
cantonnaient au programme télévisée...Vous étiez des secrétaires, des comptable, des vendeuses , des cuisinières ou des auxiliaires de vie. Soumise socialement et par le sexe, votre seul espoir
était la rêverie d'un parcours pro , d'un mec sympa, d'une maison et d'une famille...
Vous n'aviez que d'horrizon , un bon mariage et des enfants.
Pour beaucoup vous avez connu l'alcool trop tôt, la clope et les coups...et certaines aujourd'hui on disparu, oui il fait pas bon de dire que d'être pauve c'est être malheureux, c'est pas
sympathique ! c'est contraire au discours ambiant qui devrait dire "mais si on peut être heureux quelque soit sa classe sociale", mais quand on est tout en bas de la pyramide...le sommet peut
parler.
Vous dévoriez vos magazines de maquillage, de robes....moi je pensais a me barrer de la tôle.
Certaines d'entre vous, me regardiez jour apres jour , scier les barreaux d'une prison, notre prison.
Vous m'avez dit un jour, toi s'il te plais "écris , écris pour nous , tu seras écrivaine" , mots direct et sans détour , j'ai rougis, je vous meprisais....aujourd'hui je vous regarde comme mes
soeurs, mes compagnes de tôle.
Un poids que j'ai refusé longtemps, je vous ai répondu "c'est gentil", le compliment était de trop.